Institut Français Hypnose Ericksonienne

SOIGNEZ-LES...

 

Une histoire offerte par Vincent


C'est l'histoire de ce vieux médecin généraliste qui, à plus de 75 ans, travaille toujours : il n'a jamais pris de vacances, il travaille 24 h sur 24, 7 j sur 7 et il fait encore les accouchements à domicile, les prises de sang, les soins infirmiers, etc.
La médecine, c'est sa vie !

Et ce samedi matin, sur une petite route de campagne, alors qu'il fait des visites au volant de sa DS blanche, il ressent une douleur dans la poitrine - il en avait déjà ressenti une, moins forte, quelques jours avant - une douleur en barre, constrictive, irradiant vers la machoire.
"Merde , je fais un infarctus" se dit-il.
Il fait demi-tour et fonce à la polyclinique du Bois Fleuri, se présente aux urgences et tombe sur un ami cardio :
- "Tiens Robert, qu'est-ce tu fous là ? T'es venu voir un de tes patients ? Mais tu es bien pâle !"
- "Ouais, j'ai une douleur ici, je pense que c'est un infarctus. Tu peux me faire un électro ?"
- "Pas de problème, viens, on va se mettre par ici."
L 'électro confirme le diagnostic : infarctus massif antérieur...
- "Ecoute, on va te garder, te mettre sous oxygène, héparine et on va prévoir une coronaro ces jours-ci."
- "Mais pour mes visites... et la semaine prochaine ?"
- "Tu vas appeler ta femme, pour qu'elle te trouve un remplaçant pour la semaine prochaine, et tes visites aujourd'hui, ce sera pour le médecin de garde."

Notre homme appelle son épouse, lui explique la situation, la rassure et lui demande de trouver quelqu'un pour lundi.
Sa femme appelle le Conseil de l'Ordre - fermé le samedi - les internats des hôpitaux aux alentours - personne n'est disponible - les confrères - aucun remplaçant n'est disponible : rien, niet, nada, nichts !
Elle appelle son mari et lui dit son désarroi...
- "Laisse, ce n'est rien Gisèle , merci."

Alors, Robert, sur son lit, avec des tuyaux partout, le scope, se met à prier :
- "Mon Dieu, je n'ai pas été très pratiquant, je n'ai pas eu eu le temps, mais je pense avoir oeuvrer pour le bien de mes semblables et là, j'ai vraiment besoin de toi, viens-moi en aide, je t'en supplie."
A ce moment-là, une grande voix retentit dans la chambre (comme dans Don Camillo) et elle dit :
- "Pas de problème mon enfant, je sais tout le bien que tu as fait pour l'humanité, je t'envoie mon fils Jésus pour te remplacer : il commencera lundi matin."
- "Oh merci, mon Dieu !"
Fin de la connexion.
Robert rappelle sa femme, lui annonce la bonne nouvelle et s'endort rassuré.

Pendant tout le week-end dans le village, les commentaires vont bon train : "vous savez pas ? le vieux Robert est hospitalisé !", "Non , c'est pas vrai !", "Si , je vous le dis !", "Et il paraît qu'il a trouvé un remplaçant", "Ah bon ?", "Et vous l'avez vu ?", "Non, et vous ?", "Non, on ne sait pas s'il est grand, petit, brun ou blond, frisé ou pas..." Et ce n'est que ça tout le week-end , supputation sur supputation . Le week-end se passe.

Lundi matin, 8 h.
La salle d'attente est pleine à craquer, il y a des poussettes, des visiteurs médicaux, des personnes debout et les discussions continuent :
- "Vous avez vu le remplaçant ?", "Non, et vous ?", "Ben, non, vous savez pas s'il est grand, petit, blond ou brun ?", "Non, personne l 'a vu."
A ce moment-là, la porte du cabinet s'ouvre dans un éclat de lumière aveuglant et on a du mal à distinguer la personne qui vient d'ouvrir.
Jésus dit : "c'est à qui ?"
La première personne qui rentre , est un handicapé dans un fauteuil roulant.
- "Bonjour Docteur, je viens comme tous les mois pour renouveler mes médicaments."
Jésus lui dit :
- "Lève toi."
- "Vous rigolez, ça fait 40 ans que je suis dans mon fauteuil !"
Jésus lui dit :
- "Lève toi et marche."
- "Je veux bien essayer, mais si je me casse la gueule, faudra me ramasser !"
Il s'appuie sur les accoudoirs, difficilement, se déplie, tient debout - c'est déjà beaucoup.
Jésus lui dit :
- "Marche !"
Le patient essaie d'avancer un pied, qui traine un peu, les muscles se tétanisent, puis avance l'autre pied et enchaine les pas.

Il ressort par la salle d'attente et les gens lui demandent, ne voyant même pas qu'il est debout :
- "Alors , comment il est le remplaçant ?"
- "Il est comme le vieux Robert, il ne m'a même pas examiné !..."


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